Voilà vingt ans que j’héberge mes sites sur un serveur mutualisé chez OVH. Mais je suis enfin motivé pour modifier quelques-unes de mes habitudes informatiques en sortant plusieurs services des GAFAM et en reprendre le contrôle. J’ai commencé au cours de l’été 2026 avec mes mails puis à l’automne avec mes agrégations de flux RSS. Mais s’occuper soit même de plus de services nécessite d’avoir accès à plus de possibilités que ce qu’offre mon hébergement actuel. Dans ce billet, je vais donc évoquer les futurs changements à venir.

Choisir un serveur

Lorsque l’on souhaite s’occuper soi-même de certains services, une question se pose : s’auto-héberger ou utiliser un serveur en ligne ?

Dans mon cas, la solution du VPS (Virtual Private Server) s’est imposée assez rapidement. En effet, la maison que j’habite n’a jamais été reliée au réseau téléphonique par les personnes qui l’ont faite construire. Afin de profiter d’une connexion stable où que je me trouve, faire héberger mon serveur s’avère plus commode même si j’aurais bien tenté la gestion de mon propre équipement. Ce sera pour un autre projet.
Et comme je suis chez OVH depuis toujours et que je n’ai jamais eu à m’en plaindre personnellement, autant y rester. Cela devrait faciliter la gestion des noms de domaine.

Cela dit, il faut tout de même choisir son offre parmi celles proposées par l’hébergeur. Je ne pense pas que mes besoins au niveau du trafic ou de la puissance soient énormes, reste donc la question de l’espace disque. Mon serveur héberge un peu plus de trente gigas de données pour mon usage actuel, il me faut donc viser un au-dessus.
Comme OVH propose également de choisir la localisation du centre de données, j’aimerais autant pouvoir avoir un serveur en Europe.

Mon premier choix sera sans doute un VPS-2 2027 en France.

Choisir les services

En premier lieu, j’ai besoin de pouvoir héberger mes blogs sous WordPress (la migration sera l’occasion d’activer le multi-site pour faciliter la mise à jour de mes anciens blogs toujours en ligne) ainsi que mon agrégateur de flux RSS. À cela je prévois d’ajouter un outil CalDAV et un outil CardDAV afin de me passer des services d’Apple pour mes calendriers et mes contacts. Et j’aimerais également tenter d’installer quelque chose comme Calibre-Web afin de gérer ma bibliothèque en ligne (et dans une interface moins moche que celle de l’application Calibre sur macOS).

C’est ici qu’intervient YunoHost. Il s’agit d’un système qui s’installe sur un serveur et permet d’installer et de gérer facilement des applications pour héberger ses propres services. Leur slogan est même « jardinez votre bout d’internet ! » Bref, un outil parfait pour ce que je souhaite faire et avec une philosophie parfaite.
Je vous conseille de jeter un coup d’œil à leur catalogue d’applications afin de constater que vous pourrez très probablement y trouver votre bonheur si vous souhaitez faire comme moi. Pour ma part, je retrouve tout ce dont j’ai besoin :

  • WordPress
  • Calibre-Web
  • Nextcloud. Le cas de cette application est un peu particulier puisqu’elle se trouve être extrêmement complète : synchronisation de fichiers, applications de travail collaboratif, serveurs CalDAV et CardDAV et même un magasin d’extensions supplémentaires. Nextcloud dispose également d’applications pour iOS et ipadOS. Cela fait beaucoup de points positifs.
  • GitLab, que je peux aisément intégrer à Nova pour travailler sur les anciens numéros de MagP3 que je veux faire revenir en ligne.

La documentation d’installation me semble bien faite et claire. Pour un VPS, cela m’indique également que le choix d’une distribution Debian serait un bon choix puisque clairement recommandée par l’équipe de YunoHost. Je sais que les positions récentes sur l’IA des équipes en charge de sa maintenance ont provoqué quelques remous récemment. Mais je ne souhaite pas m’ajouter une difficulté supplémentaire en m’écartant de l’installation conseillée.

Préparation

Pour réaliser tout cela il faut deux choses :

  1. Un bon client FTP pour transférer des fichiers en local, en ligne, entre deux serveurs. Dans mon cas, j’utilise Transmit de Panic qui a toujours fait de très bons logiciels pour Mac. Ceux qui préféreraient un logiciel pourront choisir Cyberduck que j’utilisais avant1.
  2. Un bonne console pour se connecter au serveur. J’utilise en ce moment Prompt de Panic encore. Notez que le Terminal de macOS fera très bien l’affaire, il vous faudra seulement taper la commande de connexion. L’autre avantage de Prompt est d’être également disponible sur les systèmes mobiles d’Apple mais l’application est payante (9,99€/an ou achat unique à 59,99€ pour la version 3).

Et la première étape consiste nécessairement à faire des sauvegardes. Plein de sauvegardes. Et de quoi prendre des notes pour la somme d’informations à assimiler.

Quel impact ici ?

Comme je ne prévois pas de me doter d’un nouveau nom de domaine pour l’occasion, il y aura forcément un moment d’interruption lors de leur migration vers le nouveau serveur et le temps de la restauration. MacP3 restera au même endroit pendant un temps avant de se déplacer lui aussi.

Moi, ça me mangera surtout du temps de lecture. Mais il s’agit quand même d’être un peu plus libre dans ses choix ensuite et franchement, ça le méritera bien en plus d’avoir la super classe.

Chaton ou pas chaton ?

Derrière ce nom se cache en vérité un collectif qui prône la reprise en main de ses services sur le net et l’ouverture des outils utilisés. Si je n’ai pas les épaules pour ouvrir mon futur serveur, j’adhère à cette vision d’internet et c’est très volontiers que je proposerai un coup de main aux copain·ines qui auraient envie de quitter les GAFAM sans pour autant vouloir gérer l’administration de ces services. Nous voilà prévenus.


  1. Ne me demandez pas pourquoi j’ai bien pu changer il y a des années, je ne m’en souviens pas. ↩︎

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